histoire de l'aikido

histoire de l'aikido
L'Aïkido, Voie de l'Harmonie des Énergies, nous dit-on. Mais aussi un art martial orienté vers la non-violence. On peut, à juste titre, souligner à la fois sa dimension d'héritage traditionnel et sa modernité. Toutes ces idées sont sans doute justes, mais leur abondance cache une obscurité centrale: comment un art martial, un art de guerre, peut-il prétendre être un art de paix ? Il semble étrange de penser qu'il existe un chemin qui conduise à la paix par un raffinement des tecnhiques de guerre.

L'Aïkido, pourtant, est l'héritier de nombreuses techniques de combat, qui sont des arts de tuer. Que votre idée soit toujours de pourfendre l'adversaire écrit Miyamoto Musashi au XVIIe siècle. Dès lors, parler d'art martial non violent a-t-il un sens ? Il semble que oui: «budo» que nous traduisons par «art martial» peut aussi se traduire «manière d'arrêter le sabre» (1), c'est-à-dire d'éviter l'affrontement. En art martial, l'affrontement est déjà une défaite. Faire la démonstration de son art de tuer un acte humiliant, qui montre qu'on n'a pas su faire comprendre à l'agresseur qu'il faisait une erreur.

Dans l'idéal des arts martiaux, ce qu'on doit anéantir, ce n'est pas l'agresseur, mais la volonté agressive, celle qui conduit au combat. Il s'agit d'abord de notre propre agressivité, mais surtout de celle de l'adversaire potentiel. On peut certes détruire l'agressivité en détruisant l'agresseur. Mais est-il nécessaire d'aller jusque-là ? Telle est donc la problématique des arts martiaux qui a été transmise à l'Aïkido: est-ce possible de détruire l'agressivité de l'autre sans le détruire lui ?

Une solution à ce problème est l'Aïkido. Mais l'Aïkido ne s'explique pas seul, et la pratique est parfois lente à livrer ses réponses. C'est pourquoi je vous propose de remonter le temps, et de suivre l'histoire des techniques de combat orientales, principalement chinoises et japonaises, et leur transformation en arts martiaux, pour mieux comprendre ce que l'Aïkido hérite et ce qu'il apporte à cette histoire, qui cherche la paix par la préparation au conflit.

On s'accorde à penser que les arts martiaux orientaux, entendus comme des techniques martiales porteuses d'un enseignement dépassant le simple combat sont nées en Chine. C'est donc là que je commencerait mon enquête, il y a bien longtemps, dans Au commencement était la Chine.

Cependant, les arts martiaux chinois sont nettement différents des arts martiaux japonais. Il s'est donc produit quelque chose lorsque ces techniques ont traversé la mer de Japon. En particulier, il y a eu une rencontre, celle entre ces techniques, la morale de la classe montante des samouraïs et le bouddhisme zen. C'est au cours de cette période que sont fondées les premières écoles d'arts martiaux au sens où nous l'entendons usuellement. C'est cette rencontre que je vous propose de découvrir dans Chine et Japon: le conte de deux Empires.

Ces Écoles restaient cependant des écoles de «jutsu», de techniques, principalement de sabre. Or, le sabre est une arme, et le kenjutsu un art de tuer: on peut difficilement échapper à cette constatation. Ces écoles étaient surtout des structures très fermées, fortement hiérarchiques, réservées à une minorité. Elles ont donc subi de plein fouet l'ouverture du Japon à l'époque Meiji, et le rejet partiel du Japon traditionnel qu'elles représentaient. Cette période, à la fois florissante et dure a été pour les arts martiaux une profonde remise en question, complexe, ce qui rend nécessaire de suivre, en partie en suivant l'itinéraire du fondateur de l'Aïkido, l'itinéraire d'un expert en sabre après l'ère Meiji.

Ceci nous conduit à la guerre, et au traumatisme qu'ont représenté la défaite et l'occupation. C'est pourtant dans cette période noire pour le Japon que se sont développés les arts martiaux modernes. Il devient donc important de comprendre ce que cela a signifié pour des maîtres souvent passés par des structures traditionnalistes, et comment ils ont pu refondre ces savoir traditionnels pour non seulement leur rendre une pertinence, mais aussi en faire un des meilleurs ambassadeurs de la culture japonaise dans le monde. C'est l'histoire des arts de la guerre après Hiroshima.

Je terminerai cette étude par un panorama, nécessairement incomplet, de L'Aïkido aujourd'hui, qui cherche à comprendre comment cet élément d'une éducation guerrière a pu devenir aujourd'hui un cadre privilégié pour une démarche de développement personnel. Enfin, dans une Ouverture, je souhaite donner un aperçu des perspectives qui s'ouvrent à l'Aïkido tel qu'il est aujourd'hui.(http://www.eleves.ens.fr/home/perona/budo/aiki.html)

# Posté le vendredi 24 juin 2005 15:21

Modifié le jeudi 31 mai 2007 18:51

O Sensei

O Sensei
Une barrière culturelle...
Il est difficile d'apprécier le caractère unique de l'aïkido moderne sans comprendre qui était Morihei Ueshiba, son extraordinaire fondateur. Cet innovateur représente un véritable défi pour les historiens, non seulement parce qu'il vécut à une époque très différente de la nôtre, mais aussi parce qu'il était un être hors du commun même en son temps et dans le contexte culturel qui fut le sien. Sa pensée ésotérique fut fortement influencée par les doctrines de la religion Omoto et reste tout juste compréhensible pour un Japonais d'aujourd'hui. Les adeptes non japonais d'aïkido souhaitant assimiler la philosophie du fondateur doivent faire face à un défi rendu encore plus grand par la formidable barrière de la langue. La démarche serait donc sans espoir si les techniques d'aïkido à elles seules ne donnaient à chacun la possibilité d'approcher la quintessence de cet art sans considération de langue ou de culture.

La famille du fondateur...
Celui qui allait devenir le fondateur de l'aïkido naquit le 14 décembre 1883 dans la ville portuaire de Tanabe, située dans l'actuelle préfecture de Wakayama. Son père, un homme fortuné nommé Yoroku Ueshiba, fut membre actif du conseil municipal pendant de nombreuses années. Plusieurs anecdotes rapportent que Yoroku possédait une grande force physique, ce qui amena certains à imaginer qu'il était lui-même un pratiquant chevronné d'arts martiaux.
Après avoir d'abord eu trois filles, Yoroku fut rempli de joie à la naissance de son fils unique Morihei. Le jeune Morihei étant un enfant maladif, son père se donna beaucoup de mal pour l'aider à améliorer sa santé et l'encouragea à fortifier son corps fragile. L'éducation de Morihei se poursuivit jusqu'au lycée. A l'âge de dix-sept ans, l'adolescent quitta le domicile familial pour ouvrir une papeterie à Tokyo avec l'aide de riches parents. C'est lors de ce bref passage à Tokyo qu'il reçut officiellement son premier enseignement en arts martiaux, à l'école de jujutsu Tengin Shinyo-ryu où il pratiquait le soir.

L'engagement dans l'armée...
Morihei dut quitter Tokyo moins d'un an plus tard, après avoir contracté le béribéri. Il retourna dans sa ville natale deTanabe où il finit par se rétablir complètement. L'expérience de Tokyo démontra qu'il n'était pas fait pour le commerce. Le Japon se préparant alors militairement au conflit avec la Russie, le jeune Morihei Ueshiba, épris d'aventure, s'engagea dans l'armée en 1903. Son don pour les arts martiaux se révéla en particulier lors des entraînements à la baïonnette au cours desquels il s'avéra être un des soldats les plus habiles.
Durant son service militaire, Morihei eut aussi l'occasion de s'entraîner dans l'école Yagyu, probablement la branche Yagyu Shingan-ryu, près d'Osaka où il était stationné. Ce qu'il étudia exactement de cet art martial traditionnel reste sujet à spéculations. On sait toutefois que, même après avoir été libéré de ses obligations militaires en 1906, il se rendit de temps en temps de sa ville natale de Tanabe à la ville de Sakai où était situé le dojo du Yagyu-ryu.

La colonisation à Hokkaïdo
Les années qui suivirent son retour à Tanabe, alors qu'il cherchait à donner un nouveau sens à sa vie, ne lui laissèrent aucun répit. Il s'essaya au judo pendant quelque temps lorsque son père fit venir un jeune instructeur du Kodokan pour la jeunesse locale. Cependant, Morihei ne souhaitait pas se fixer définitivement à Tanabe. A cette époque, le gouvernement japonais offrait des aides pour encourager le peuplement de l'île sous-développée de Hokkaïdo. Séduit par la perspective d'une nouvelle aventure, Morihei organisa le déplacement de cinquante-quatre familles dans cette île en 1912. Finalement, le groupe s'installa dans une partie reculée du nord de l'île qui allait devenir le village de Shirataki.
Le quotidien des colons à Shirataki était spartiate. Il était principalement consacré aux travaux agricoles et forestiers ainsi qu'à la simple survie durant les rudes hivers de l'île de Hokkaïdo. Morihei semblait s'épanouir dans les conditions de vie difficiles de cette région isolée. Il servit de guide à ses compatriotes de Tanabe, aida de nouvelles familles à s'établir et participa même un temps à la vie politique locale en tant que conseiller territorial.

La rencontre avec Takeda Sensei
Mais l'événement le plus marquant concernant le développement de l'aïkido pendant cette période fut sa rencontre avec l'excentrique professeur Sokaku Takeda, grand spécialiste de jujutsu. Quelques années auparavant, Sokaku Takeda s'était installé sur l'île de Hokkaïdo qu'il parcourait régulièrement afin d'y diriger des stages de jujutsu. Morihei le rencontra pour la première fois en février 1915 dans la ville de Engaru. Bien que Morihei Ueshiba, âgé de 32 ans, fût déjà très compétent en arts martiaux, il n'avait pas le niveau de S. Takeda, alors dans la force de l'âge. Le futur fondateur de l'aïkido fut fasciné par la complexité et la puissance des techniques de l'art martial pratiqué par Sokaku, connu sous le nom de Daito-ryu jujutsu. Morihei consacra beaucoup de temps et d'argent à l'apprentissage du Daito-ryu jujutsu et invita même Sokaku à vivre chez lui afin de pouvoir bénéficier de cours particuliers. Morihei Ueshiba, qui devait faire face à de considérables dépenses pour étudier avec Sokaku Takeda, fut aidé financièrement par son père qui lui adressait des fonds de Tanabe. Morihei devint l'un des meilleurs élèves de Sokaku et l'accompagna parfois lorsqu'il voyageait pour enseigner dans divers endroits de l'île. Durant son séjour à Hokkaïdo, Morihei Ueshiba reçut un diplôme d'instruction du premier degré du Daito-ryu et acquit une maîtrise remarquable dans cet art martial. L'enseignement du Daito-ryu qui lui fut transmis comprenait plusieurs centaines de techniques sophistiquées, composées entre autre de clés et d'immobilisations. Sokaku Takeda avait développé un talent particulier appelé "aïki", grâce auquel il pouvait contrôler l'esprit d'un adversaire et neutraliser ainsi son agression. Il était également expert au maniement des armes telles que le sabre, le shuriken ou l'éventail en acier. Les techniques de jujutsu de S. Takeda allaient devenir la base de presque tous les mouvements d'aïkido, et leur influence sur l'art martial qu'allait créer Morihei Ueshiba est évidente.

La rencontre avec Onisaburo Deguchi
Morihei mit brutalement fin à son séjour à Shirataki ainsi qu'à son entraînement au Daito-ryu en décembre 1919, lorsqu'il reçut un télégramme lui annonçant que son père Yoroku était gravement malade. Il lui était demandé de revenir immédiatement à Tanabe. Morihei mit rapidement ses affaires en ordre et abandonna sa modeste demeure de Shirataki, ainsi que ses meubles, à Sokaku. Il partit pour ne jamais revenir à Hokkaïdo et se précipita au chevet de son père mourant. Pendant son retour vers Tanabe, Morihei Ueshiba eut une conversation avec un compagnon de voyage qui lui parla avec enthousiasme des extraordinaires pouvoirs de guérison que possédait un chef religieux du nom de Onisaburo Deguchi. Désireux de rencontrer Onisaburo afin qu'il prie pour le rétablissement de son père, Morihei détourna soudainement sa route pour se rendre à la petite ville de Ayabe. Située près de Kyoto, Ayabe était le centre de la religion Omoto. Personnalité charismatique, Onisaburo fit une forte impression sur Morihei qui passa finalement quelques jours à Ayabe avant de reprendre sa route vers Tanabe.
Yoroku était déjà décédé lorsque son fils arriva chez lui. Ebranlé par la mort de son père, Morihei dut lutter pour surmonter cette perte. Dans les mois qui suivirent ce décès, son comportement devint anormal et inquiéta sa famille et ses amis. Quelques mois plus tard, ne pouvant oublier sa rencontre avec Onisaburo Deguchi, il prit la décision d'aller s'installer à Ayabe afin d'y trouver la paix intérieure en menant une vie d'ascète, là même où était basée la religion Omoto.
Accompagné de sa femme Hatsu et de leur fille Matsuko âgée de huit ans, Morihei Ueshiba commença une nouvelle vie parmi les adeptes de cette religion. Il adopta avec enthousiasme la vie simple des membres de la communauté et fit rapidement partie du cercle des proches de Onisaburo. O. Deguchi fut impressionné par les compétences martiales de Morihei et l'encouragea à enseigner aux membres de la religion Omoto intéressés. Morihei fut ainsi amené à ouvrir à son domicile "l'école privée Ueshiba", où il enseigna le Daito-ryu jujutsu.
En 1922, Morihei reçut la visite de son professeur, Sokaku Takeda, qui arriva avec sa famille et resta pendant près de six mois. Onisaburo éprouva immédiatement de l'antipathie envers l'excentrique et méfiant Takeda, ce qui plaça Morihei dans une situation inconfortable vis-à-vis des deux hommes. Sokaku Takeda, malgré un caractère peu compatible avec celui des membres de la communauté, enseigna cependant à nombre d'entre eux au domicile de M. Ueshiba. A la fin de son séjour, il délivra à Morihei un diplôme officiel d'enseignement.

L'aventure en Mongolie
Les projets de Onisaburo Deguchi pour accroître l'influence de la religion Omoto étaient nombreux et grandioses. L'un des plus extraordinaires et utopiques consistait à instaurer un état religieux en Mongolie. Accompagné par un petit groupe de proches, dont M. Ueshiba, Onisaburo partit pour le continent en février 1924. Pour atteindre son but, Onisaburo unit son sort à celui d'un militaire rebelle, un commandant en activité dans la région. Cette décision s'avéra malheureuse puisque ce commandant et le groupe de Japonais furent bientôt arrêtés par les autorités chinoises. Tous les membres du groupe de Onisaburo furent condamnés à mort et ne durent leur survie qu'à l'intervention miraculeuse du consulat japonais au dernier moment. Plusieurs photographies de O. Deguchi et de ses compagnons prises pendant leur captivité témoignent de leur pénible expérience.

Le retour au Japon
A son retour au Japon, Morihei se réinstalla à Ayabe. Il comptait un certain nombre d'officiers de la Marine parmi ses élèves en Daito-ryu, le plus éminent d'entre eux étant l'amiral Seikyo Asano, lui aussi adepte de la religion Omoto. La nouvelle que M. Ueshiba accomplissait des prouesses en arts martiaux se répandit petit à petit. S. Asano fit des éloges sur Morihei Ueshiba auprès de ses collègues de la Marine et encouragea un autre amiral, Isamu Takeshita, à venir spécialement à Ayabe afin d'y découvrir l'art martial de Morihei. L'amiral Takeshita fut fortement impressionné et des dispositions furent bientôt prises pour que Morihei puisse faire des démonstrations et diriger des stages à Tokyo. Parmi les protecteurs de M. Ueshiba se trouvait également Gombei Yamamoto, amiral en retraite, qui avait été premier ministre du Japon à deux reprises.
Les liens qu'entretenait M. Ueshiba avec la religion Omoto s'avérèrent être un handicap vis-à-vis de ses nombreux et éminents soutiens, y compris vis-à-vis de l'amiral Takeshita. Néanmoins, ses aptitudes exceptionnelles en jujutsu et son charisme firent de lui un instructeur très apprécié au sein de l'élite militaire et politique de Tokyo, ce qui l'amena à se rendre dans la capitale à plusieurs reprises entre 1925 et 1927. Finalement, après avoir parlé de la situation avec Onisaburo, M. Ueshiba décida avec son accord de s'établir à Tokyo avec sa famille dans le but d'y enseigner à plein temps.

L'établissement à Tokyo
Dans les premières années qui suivirent son installation à Tokyo, il enseigna dans les résidences privées de plusieurs de ses protecteurs. La plupart de ses élèves faisaient partie de la haute société et comprenaient des officiers de l'armée, des hommes politiques et des dirigeants d'entreprises. L'amiral Takeshita, qui était lui-même passionné d'arts martiaux et avait présidé l'Association de Sumo, était un partisan de M. Ueshiba particulièrement actif. Il avait étudié le Daito-ryu pendant plus de dix ans et donnait des cours dans sa propre demeure. L'amiral se donna beaucoup de mal pour faire connaître Morihei Ueshiba et son art martial dans les milieux concernés. Il est indéniable que le fondateur de l'aïkido n'aurait pu connaître un tel succès à Tokyo sans l'appui de l'amiral Takeshita. L'art martial de M. Ueshiba, qui porta différents noms durant ces premières années passées à Tokyo, devint de plus en plus populaire. En 1931, grâce aux efforts de I. Takeshita et d'autres personnes, une collecte de fonds permit l'ouverture d'un centre d'entraînement à plein temps, le dojo du Kobukan. Il était situé dans Shinjuku, un quartier commercial animé de Tokyo, à l'endroit même où est installé aujourd'hui le siège de l'Aïkikaï. Parmi les élèves internes et externes de l'époque du Kobukan, se trouvaient des pratiquants renommés tels que Yoichiro Inoue, Kenji Tomiki, Minoru Mochizuki, Tsutomu Yukawa, Shigemi Yonekawa, Rinjiro Shirata et Gozo Shioda.
En raison de ses nombreux contacts avec des officiers de l'armée de terre et de la Marine, M. Ueshiba fut engagé pour enseigner les arts martiaux dans différentes académies militaires telles que l'école d'officier de Toyama, "l'école d'espions" de Nakano, l'école navale, etc. Mais en réalité, l'enseignement fut souvent délégué à des élèves avancés du Kobukan, les demandes surchargeant l'emploi du temps de M. Ueshiba.
Durant une partie de cette époque, Morihei Ueshiba s'employa à enseigner les techniques du Daito-ryu Aïkijujutsu, ainsi qu'était parfois appelé l'art martial de S. Takeda, et délivra des diplômes rédigés sur rouleaux, portant le nom de cette école. Cependant, ses relations avec l'exigeant Takeda s'étaient détériorées et il prit progressivement ses distances avec son ancien professeur. Morihei semble ne plus avoir eu aucun contact direct avec S. Takeda après le milieu des années trente environ, bien que les techniques du Daito-ryu, sous une forme modifiée, aient continué de constituer l'essentiel de son programme d'enseignement. Pendant les années d'avant-guerre, le nom le plus fréquemment utilisé pour désigner son art martial fut celui d'Aïki-Budo.
Au cours de toute cette période, M. Ueshiba conserva des liens étroits avec Onisaburo et la religion Omoto. En fait, "l'Association pour la promotion des arts martiaux", établie sous les auspices de la religion Omoto à l'instigation de Onisaburo, avait été créée dans le but de promouvoir l'action de Morihei dans les arts martiaux. Des antennes de cette école avaient été établies dans tout le Japon et des stages d'entraînement étaient organisés, d'ordinaire en parallèle avec les réunions locales de la religion Omoto. Ce type d'organisation prévalut de 1931 à la fin de 1935, date à laquelle la religion Omoto fut brusquement interdite par le gouvernement militaire japonais.

Le départ pour Iwama
Vers la fin des années trente, l'armée japonaise se trouva très impliquée en Chine ainsi que dans de nombreuses régions du sud-est asiatique. La plupart des jeunes instructeurs et élèves de M. Ueshiba furent enrôlés dans l'armée. Cette conscription clairsema les rangs du dojo du Kobukan, si bien que l'activité y était très réduite au moment où la guerre du Pacifique commença. En 1942, après être tombé malade à la suite d'une grave affection intestinale, M. Ueshiba se retira dans le village d'Iwama, situé dans la préfecture d'Ibaraki, où il avait acheté des terres quelques années auparavant. Loin de l'agitation qui régnait à Tokyo en raison de la guerre, il s'investit dans l'agriculture, l'entraînement et la méditation.
Ces années passées à Iwama s'avérèrent décisives pour le développement de l'aïkido moderne. Libre comme jamais auparavant de continuer son étude du budo avec toute la concentration requise, Morihei s'investit totalement dans un entraînement intensif et dans la prière afin de pouvoir perfectionner encore son art martial dédié à la résolution pacifique des conflits.
Lorsque la guerre prit fin, de nombreux Japonais souffraient de pauvreté et consacraient la plupart de leur temps à chercher de la nourriture pour survivre. A cette époque, le fondateur avait peu d'élèves à Iwama. Ses disciples d'avant-guerre s'étaient trouvés dispersés dans tout le sud-est asiatique et nombre d'entre eux n'avaient pas encore été rapatriés. Durant l'été 1946, un jeune homme employé à la Société Nationale japonaise des Chemins de Fer s'inscrivit discrètement au dojo de Morihei Ueshiba. Morihiro Saito, qui ne laissait paraître aucune aptitude particulière, allait pourtant devenir l'un des plus proches élèves du fondateur et, à bien des égards, son successeur technique.

Le travail réalisé à Iwama
Après s'être retiré quelques années à Iwama, le fondateur commença à approfondir l'étude du sabre et du bâton appelés, en aïkido, aïki ken et aïki jo. Il considérait qu'il était fondamental de connaître le maniement de ces armes pour exécuter correctement les techniques à mains nues. En fait, il estimait que le programme complet de l'aïkido incluait à la fois la pratique avec armes et la pratique à mains nues. A cette époque, le jeune Saito servait la plupart du temps de partenaire d'entraînement à M. Ueshiba. Il se trouva ainsi confronté à de nombreuses techniques et découvertes que, généralement, le fondateur n'enseignait pas. Pendant cette partie de sa vie passée à Iwama, le fondateur définit également le concept de takemusu aiki, qui correspond à l'exécution spontanée d'une infinité de techniques totalement adaptées à la situation du moment.
Vers le milieu des années cinquante, Morihei Ueshiba se mit à quitter plus souvent sa maison de campagne d'Iwama. Il allait passer quelques jours à Tokyo pour revenir ensuite à Iwama, ou bien rendait visite à des amis et à des élèves d'Osaka et de Wakayama. Comme il recevait beaucoup d'invitations, il était très difficile de prévoir où il se trouverait d'un jour à l'autre, ou même de savoir quand il s'arrêterait pour diriger un cours à l'Aïkikaï de Tokyo, dans le quartier de Shinjuku. Beaucoup d'élèves, qui commencèrent l'entraînement après la guerre et eurent effectivement l'occasion de voir le fondateur enseigner ou faire des démonstrations, furent enthousiasmés par l'énergie et la beauté de ses mouvements tout comme par son éthique des arts martiaux. M. Ueshiba était de nature optimiste et faisait souvent preuve de bonne humeur lorsqu'il enseignait ou faisait des démonstrations. Son côté contemplatif se révélait à d'autres moments, plus particulièrement lorsqu'il abordait le sens profond de l'aïkido dans des cours ou lors d'enseignements informels. Toujours spontané, le fondateur se mettait parfois en colère s'il voyait des élèves pratiquer de façon dangereuse ou faire preuve de manque de sérieux dans l'entraînement. Ces différentes facettes de son caractère ont laissé des souvenirs inoubliables à tous ceux qui ont été en contact avec lui.

Les dernières années du fondateur
Dans ses dernières années, lorsque sa santé commença à se dégrader, M. Ueshiba passa une grande partie de son temps à Tokyo. Incapable de se mouvoir aussi rapidement et librement que lorsqu'il était plus jeune, le fondateur adapta sa pratique. Beaucoup de ses techniques se raccourcirent. Il projetait fréquemment ses jeunes et puissants élèves d'un geste rapide ou d'un petit mouvement de main, parfois même sans les toucher. Cette partie de la vie de M. Ueshiba coïncide avec les débuts du développement international de l'aïkido. C'est la raison pour laquelle l'image de ce petit homme âgé à la barbe blanche, brandissant la main face à un attaquant, prédomine dans l'esprit de nombreux pratiquants et enseignants de cet art martial. L'aïkido du fondateur, dans les dernières années de sa vie, doit être compris comme la suite naturelle de ses expériences passées. Mais, comme Morihei Ueshiba aimait à le rappeler lui-même, sa maîtrise à cette époque était le résultat de plus de soixante ans de pratique. La large audience qu'il connut grâce à ses démonstrations publiques et, plus tard, à travers la diffusion de films est à l'origine de nombreux imitateurs.

Le fondateur de l'aïkido décéda d'un cancer du foie le 26 avril 1969. Son fils, Kisshomaru Ueshiba, lui succéda comme "second doshu" de l'aïkido. L'Aïkikaï, qui prit après la guerre la suite de la fondation Kobukaï de Morihei Ueshiba, jouit aujourd'hui d'une position privilégiée au sein de l'aïkido mondial. Plus de la moitié des organisations régionales et nationales de l'aïkido restent affiliées à l'Aïkikaï de Tokyo qui exerce à l'étranger le rôle de Fédération internationale d'aïkido.
D'autre formes d'aïkido sont également pratiquées aujourd'hui. L'Aïkido Yoshinkan, créé par Gozo Shioda, met l'accent sur le style puissant datant d'avant-guerre. L'Aïkido Shinshin Toitsu, méthode de santé créée par Koichi Tohei, comprend des techniques d'aïkido axées sur le concept de ki. L'Aïkido Tomiki, mis au point par Kenji Tomiki, comporte une forme de compétition. L'Aïkido Yoseikan, créé par Minoru Mochizuki, constitue un ensemble de techniques où sont mêlés des éléments d'aïkido, de judo, de karaté et de kenjutsu.

# Posté le vendredi 24 juin 2005 15:46

Modifié le jeudi 31 mai 2007 18:49

hirokazu kobayashi

hirokazu kobayashi
Maître H. KOBAYASHI, semblerait-il, est né en 1929. Il débuta l'étude de l'Aïkido dans les années 50 à Osaka et fut un élève du fondateur de l'aïkido, maître Morihei UESHIBA avec lequel il a travaillé pendant plus de vingt ans. Il est décédé le samedi 29 aout 1998 à Osaka.

Toute la particularité de Senseï KOBAYASHI vient du fait, qu'il conserva la pratique prélable du Daoyin et celle des Aïki-Taïso. Il se démarqua également par l'enseignement du Meguri (prononcer "mégouli", qui consiste en de subtiles mouvements du poignet mêlant la souplesse), et proposa ses propres techniques dans l'art de l'Aïki-Ken, de l'Aïki-Jo.

Mais alors que sont le Daoyin et les Aïki-Taïso ?

Le Doayin est un procédé d'entretien du corps, fondé sur l'énergique chinoise, certains de ces exercices reposent sur le travail des méridiens (poumon, gros intestin, intestin grêle, rate, coeur, foie ...), alors que les Aïki-Taïso constituent des mouvements élémentaires prélables à la pratque de l'Aïkido, exercés au début des cours, et qui se retrouvent dans la pratique même des techniques d'Aïkido.
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# Posté le vendredi 24 juin 2005 15:59

Modifié le jeudi 31 mai 2007 18:51

jean francois Riondet

jean francois Riondet
* En 1962, Jean-François Riondet commence à pratiquer par le judo à Marseille. Il a douze ans
* En 1964 il part pour Paris poursuivre ses études. Alors qu'il cherche à s'inscrire à un cours de judo, à la dernière minute, il change d'avis. L'aïkido ? Pourquoi pas ! Il deviendra un fervent pratiquant. Pendant dix ans, Jean-François suit avec assiduité les cours de Maître Nocquet, à Paris. Il devient son assistant et le suit tous les étés à La Baule.
* A partir 1968, il s'entraîne régulièrement à Marseille avec Jean-Daniel Cauhepe.
* En 1973 il obtient son brevet d'état de professeur de Judo, Aïkido, Karaté et méthodes de combat assimilées (option principale aïkido).
* En 1974, lors du stage d'été de la Baule il rencontre Hirokazu Kobayashi Shihan. Séduit par l'homme comme par le Senseï, Jean-François lui emboîte le pas dans sa tournée européenne (5 mois/an).
* En 1975, il part le rejoindre au Japon, à Osaka. Il est pris en charge par l'un des assistants de Kobayashi Shihan, Maître Naryama, qui suit le double enseignement de Senseï Kobayashi et de Senseï Tomiki (le seul Senseï qui ait développé la compétition en aïkido) A ce jour Naryama Shihan est le directeur technique de la Japan Aïkido Association Shödökan, pour la région d'Osaka.
* De 1975 à 1978, il séjourne au japon. Jean-François Riondet se donne à fond, il pratique l'aïkido huit heures par jour. Que ce soit dans des dojos privés, à l'université et même à l'école de police d'Osaka, où Senseï Kobayashi l'enseigne aux cadres. Entre deux entraînements, il rencontre Tomoko, qui deviendra sa femme.

* De retour en Europe, il assiste Senseï Kobayashi dans ses tournées européennes d'hiver et d'été (5 mois/an). Le reste du temps il pratique au Sansakura dojo à Aix-En-Provence et dans les dojos de la Provence.
* En 1982, il crée son dojo, le BU IKU KAN PROVENCE à Gardanne.
* A partir de 1985, il enseigne dans plusieurs clubs, ses élèves ouvrent leurs dojos à Aix, Gardanne, Aubagne, La Ciotat et Marseille. Il crée une section d'Aïkido au sein de la légion étrangère d'Aubagne.
* A partir de 1988, il remplace Senseï Kobayashi en Europe avec les autres assistants du maître, pour la tournée européenne d'hiver.
* En 1998, Hirokazu Kobayashi Shihan décède. Les différents assistants de senseï Kobayashi continue son œuvre dans les 200 dojos qui le suivaient en Europe.

# Posté le vendredi 24 juin 2005 17:28

le fondateur

le fondateur
un homme simple et généreu

# Posté le dimanche 26 juin 2005 16:39

Modifié le jeudi 31 mai 2007 18:51